Blogue

Le « Fun »

22 janvier 2019

Tout le monde aime jouer ! Que ce soit aux jeux vidéo, aux jeux de société, aux cartes ou aux sports, nous avons tous à un moment de notre vie eu du plaisir (ou non) à participer à différent types de jeux. Avec l’âge, le type de jeux auxquels nous participons change mais, malgré tout, les êtres humains (et quelques races animales) aiment jouer, pourquoi ?

Une D.O.S.E. de fun

Lorsque que l’on ressent du plaisir, c’est parce que notre cerveau sécrète l’une (ou plusieurs) de ces 4 substances.

Différents stimulis feront sécréter différentes substances. Dans le cas des jeux, c’est la Dopamine qui nous intéresse. La dopamine est sécrétée de plusieurs façons, dont la nourriture et l’exercice, mais elle est également sécrétée lorsque :

  • l’on reconnaît et comprend des séquences ou des systèmes
  • l’on réussit un défi ou gagne une compétition
  • l’on expérimente du nouveau contenu

Reconnaître des séquences : Combien de visages pouvez-vous trouver dans cette image ?

Un joueur doit premièrement apprendre comment jouer au jeu et comprendre comment les systèmes du jeu fonctionnent dans le but de réussir les défis du jeu ou de battre les autres compétiteurs. Les défis doivent bien sûr êtres proportionnels aux habiletés du joueur sinon il abandonnera.

Dans certains jeux, à mesure que les joueurs progressent, ils verront du nouveau contenu ce qui générera aussi de la dopamine.

Un jeu qui n’offre pas assez de défi ou de contenus différents deviendra à la longue sans intérêt et le joueur passera à un autre jeu. Par exemple : Une fois que l’on a compris comment ne jamais perdre au Tic-Tac-To on arrête d’y jouer.

Skinner Box

Au début des années 30, le psychologue B.F. Skinner a fait une expérience dans laquelle un rat dans une boîte recevait une récompense en nourriture chaque fois qu’il appuyait sur un bouton. Skinner a découvert que, si la récompense est régulière, le rat pèsera moins souvent sur le bouton que si la récompense est aléatoire.

La science pose l’hypothèse que lorsque de la dopamine est sécrétée, elle transmet également « une prédiction de récompense » pour cette action. La prochaine fois que la même action est posée, si la récompense n’excède pas la « prédiction de récompense », le cerveau sécrétera moins de dopamine. Plus la récompense est prévisible, moins il y a de dopamine de sécrétée.

Un joueur continuera à jouer à un jeu tant qu’il croira qu’il a la possibilité de rencontrer de nouvelles mécaniques de jeu, de nouveaux défis qu’il peut réussir et/ou du nouveau contenu. C’est ce qu’on appelle chez BKOM Studios le « Potentiel d’Awesomness ».

Les besoins humains

Un bon jeu est un jeu qui montre aux joueurs des mécaniques de jeu pour réussir des défis à la hauteur de leurs habiletés tout en promettant de plus grands défis à battre et plus de contenu (monde, objets, habiletés) à découvrir.

Donc on peut dire que le « Fun » est : Apprendre des mécaniques de jeu – Réussir des défis – Découvrir du nouveau contenu. Mais pourquoi ?

En 1943 le psychologue Abraham Maslow émit la « Théorie de la motivation humaine » qui liste en ordre d’importance les besoins qui motivent les êtres humains. La pyramide débute avec les besoins primaires (manger, boire, dormir) et se termine au sommet par les besoins de réalisations (développer ses connaissances, créer, et résoudre des problèmes complexes).

À l’exception des besoins primaires, les jeux comblent souvent un ou plusieurs besoins de l’être humain. C’est pour cette raison qu’ils sont si attrayants, particulièrement les jeux vidéo qui sont capables de combler plusieurs besoins à la fois.

La vie en tribu

Nous vivons en société. Les sociétés (les tribus) sont des organisations où les plus forts règnent et ont le pouvoir. Dès notre plus jeune âge, on nous enseigne que notre survie dépend de notre habileté à performer que ce soit à l’école ou au travail et ce dans le but d’accroître notre puissance et statut social.

Le calcul de chance de réussite, la collaboration, la communication et l’exploration d’un espace sont des concepts enseignés par les jeux qui nous aideront également à accroître notre puissance donc nos chances de survie en société.

Les hommes des cavernes

Si les jeux physiques et les sports sont à propos de la puissance physique, que les jeux intellectuels sont à propos des connaissances (et que la connaissance égale la puissance), on peut dire que les jeux sont des activités par lesquels on gagne de la puissance. Comme la puissance égale la survie, notre cerveau nous récompense avec de la dopamine.

Si l’homme des cavernes trouvait ça utile, il y a de bonnes chances que l’on trouve ça le fun.

Il y a des milliers d’années les tribus avec les hommes les plus précis au javelot et les femmes avec les meilleures connaissances des fruits comestibles avaient de meilleurs chances de survie. Notre cerveau a évolué pour créer un système de récompense (bien-être physique) lorsque l’être humain accomplit une action l’aidant à sa survie.

Bien sûr, de nos jours notre survie est moins liée à nos aptitudes physiques comme cela l’était pour nos ancêtres et les connaissances que nous apprenons dans les jeux nous aident rarement dans la vraie vie. Heureusement, notre cerveau ne le sait pas encore, donc il continue à nous récompenser avec de la dopamine comme si nous étions encore des hommes des cavernes. 

Le sujet du « Fun » est complexe et cet article ne couvre pas tous les aspects qui touchent au plaisir de jouer, mais nous espérons qu’il a piqué votre curiosité. En attendant notre prochain blogue à ce sujet, continuez de jouer ! 


par Daniel Marcoux

Concepteur de jeux

L’équipe d’Expérience Usager (UX)

Cet article a été écrit par l’équipe d’Expérience Usager de BKOM Studios. Pour en savoir plus au sujet de l’Expérience Usager ou de BKOM Studios, suivez-nous.